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Emploi et politique sociale - Santé
Reportage : La santé et le bien-être au travail sont au cœur du projet BEST du Luxembourg Lifelong Learning Center
24-02-2010


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Inscription à la formation

Chambre des salariés/Luxembourg Lifelong Learning Center (LLLC)

13, rue de Bragance

L-1255 Luxembourg

Tél.: +352 44 40 91-600

Fax: +352 44 40 91-650

formation@lllc.lu

www.lllc.lu

Conservatoire national des arts et métiers en Lorraine (Cnam)

2, rue du Docteur Heydenreich

CS 65228

F-54052 Nancy Cedex

cnam@cnam-lorraine.fr 

www.cnam-lorraine.fr 


Agir pour la santé et le bien-être au travail : la couverture de la brochure BESTDepuis 2000, l’Union européenne incite les Etats membres à prendre des initiatives pour combattre le stress, le harcèlement moral et la violence au travail. Des accords ont été signés en 2004 et 2007 au niveau européen par les partenaires sociaux pour combattre ces fléaux, dont on estime qu’ils ont coûté en 2005 plus de 20 milliards d’euros et ont touché quelque 40 millions de salariés.

Face à ce constat, la Chambre des salariés Luxembourg (CSL), par le biais du Luxembourg Lifelong Learning Center (LLLC), et le Conservatoire national des arts et métiers en Lorraine (Cnam), en relation avec la Division de la Santé au Travail du Ministère de la Santé et l’Association européenne de promotion de la santé (AEPS), ont décidé de mener un travail collaboratif qui a donné lieu à la mise en place d’une démarche structurée de "Coopération européenne et internationale de compétences en santé et bien-être au travail", dénommée "réseau BEST": Bien-être et Santé au Travail, dont le cœur est situé en Grande Région.

Cette coopération vise, par la mise en œuvre d’actions communes, à promouvoir et à développer la santé, la sécurité et le bien-être au travail, ainsi que des sujets connexes. Sa vocation est d’initialiser et de concevoir des programmes de formation, d’encourager la recherche scientifique dans les domaines proposés mais aussi de favoriser la diffusion de programmes de prévention et d’éducation à la santé au bénéfice des entreprises et des organisations, ceci dans un contexte européen et international.

Dans le cadre du projet BEST, qui bénéficie d’un cofinancement du Fonds Social Européen (FSE), la CSL et le Cnam organiseront à partir du mois de mars 2010 la première formation continue de ce genre. Et il reste encore quelques places libres. Avis aux amateurs !

BEST : une coopération européenne et internationale de compétences en santé et bien-être au travail

Roger Melmer"La CSL, en collaboration avec le Cnam Lorraine, organise depuis quelques années des licences en psychologie du travail", explique Roger Melmer de la CSL, responsable du projet BEST. Et comme la CSL a déjà organisé plusieurs grandes manifestations en partenariat avec le Cnam, elle a décidé de pousser davantage le bien-être des salariés afin de thématiser ce sujet important, "ce qui est en effet notre rôle", souligne le responsable du projet.

"Le concept du bien-être au travail est très à la mode et de nombreuses formations sont actuellement offertes dans ce domaine", explique Roger Melmer. Mais pour lui, "il ne suffit pas de faire un peu de relaxation". C’est dans cet ordre d’idées que le projet BEST traite la problématique de façon globale en abordant neuf thèmes connexes, tels que la communication des entreprises ou les ressources humaines. En bref, BEST fonde son approche sur une vision associant l’ouverture, la pluridisciplinarité, la complémentarité des approches et des pratiques, et veut établir une vision transverse, pratique et positive des choses dans le cadre d’un traitement pédagogique équilibré. En ce sens, Roger Melmer pense que la formation est innovatrice et unique en Europe.

Le projet BEST, qui sensibilise les personnes à la problématique de la santé et du bien-être au travail, est d’autant plus d’actualité après une série de suicides d’employés en France. "Nous voulons que les patrons prennent de vraies mesures et n’utilisent pas d’alibis pour échapper à la problématique", souligne Roger Melmer. Mais il pense aussi que le sujet doit être introduit aux entreprises par le biais des syndicats, avec lesquels la CSL a déjà noué de bons contacts à cette fin.

La formation BEST à trois niveaux

Le socle de connaissances et de compétences : formation de neuf jours

Schéma d'organisation du projet BESTConcrètement, le schéma d’organisation de la formation proposera, à terme, trois niveaux de parcours pédagogiques. Il y a d’abord le socle commun de connaissances et de compétences, le tronc commun initial.

Cinq blocs les vendredis et samedis à intervalle de 3 à 4 semaines, en alternance à Luxembourg et à Metz, organisés sur un semestre, englobant une introduction à neuf sujets différents par neuf experts garantissant une vue transdisciplinaire sur la problématique de la santé et du bien-être au travail.

Les sujets traités sont la vision socio-économique, le cadre juridique et réglementaire, les ressources humaines et la sociologie des organisations et relations du travail, la responsabilité sociétale de l’entreprise, les risques psychosociaux, les charges psychosociales, la sécurité sanitaire, l’éducation santé et la communication.

Selon Roger Melmer, à l’issue de ce parcours initial, les participants seront en mesure de mener des actions de sensibilisation et, plus globalement, de coordonner une "démarche santé et bien-être au travail" au sein de leur entreprise. Par ailleurs, la formation leur apporte une vision globale des problématiques de santé et de bien-être au travail et une meilleure compréhension de l’intérêt et de leur prise en compte sur les plans économique et sociétal.

Formations de spécialisation

"Chacun de ces neuf domaines pourra ensuite donner lieu à une formation de spécialisation, d’une durée moyenne de 70 heures", souligne Roger Melmer. Les intéressés, après avoir suivi les modules du socle de connaissances et de compétences, sont libres de choisir les spécialisations souhaitées. Les apprentissages se fondent sur l’articulation entre contenus de la formation et acquis de l’expérience.

Lifelong Learning CenterPar ailleurs, des regroupements entre différents participants favoriseront l’acculturation et le dialogue, notamment lors d’études de cas pratiques pour travailler de manière concrète par la mise en situation ainsi que la résolution de problèmes. A l’issue de ces formations de spécialisation, les personnes désirant poursuivre leur formation pourront être orientées vers des parcours spécialisés, existant dans les différentes institutions universitaires partenaires du réseau BEST.

Centre de perfectionnement

Le troisième niveau de la formation conçoit et organise des séminaires spécialisés de haut niveau, mobilisant les meilleurs spécialistes européens et internationaux. En parallèle, cette phase de perfectionnement cherche aussi à créer une dynamique lui permettant d’associer des partenaires et de mobiliser des financements pour valoriser l’expertise du réseau BEST, par la réalisation d’études et de recherches, et la mise en œuvre d’un observatoire des bonnes pratiques.

Un projet innovateur et prometteur

BeST - le logo du projet Bien-être et Santé au TravailA terme, le réseau BEST a pour objectif la structuration d’un "institut européen et international de santé et de bien-être au travail" dédié à tous les acteurs concernés par les questions de santé dans un environnement de travail : les acteurs socioprofessionnels et les entreprises, les professionnels de la prévention et les professionnels de santé.

Afin de développer le projet BEST, la CSL ne s’est pas focalisé sur une seule institution, souligne Roger Melmer. En effet, des experts des universités de Liège, de Bruxelles, de Toulouse, de Paris V et de Lausanne, ainsi que de l’ESSEC et du Cnam se sont associés il y a environ deux ans pour élaborer un concept cohérent. "Le projet s’adresse surtout aux dirigeants et sous-dirigeants des PME de la Grande Région, mais aussi aux cadres des grandes entreprises, aux responsables des ressources humaines, aux médecins du travail, aux travailleurs désignés et aux syndicats", ajoute Roger Melmer.

Un investissement payant

"La formation commencera début mars 2010 et une conférence d’ouverture sur la santé et le bien-être au travail sera organisée à ce moment au Luxembourg", déclare Roger Melmer qui profite également de l’occasion pour lancer un appel aux intéressés de s’inscrire encore à la formation. Un maximum de participants est prévu pour les cours et il reste encore quelques places libres. En guise d’exemple, le responsable du projet explique qu’"un patron vient d’inscrire deux employés, une personne des ressources humaines et un travailleur désigné, afin de thématiser la question dans son entreprise".

Fonds Social EuropéenRoger Melmer pense que le programme de la formation est vraiment intéressant et que le prix en est très raisonnable avec 210 € par jour de formation. En faisant le calcul pour les neuf jours de la formation initiale, il reconnaît cependant que 1 890 € ne sont pas donnés. Toutefois, vu la plus-value que constitue la formation pour leur entreprise, la plupart des patrons prennent en charge les frais. Et d’ajouter que BEST n’a pas été créé pour chercher un bouc émissaire, mais pour offrir une aide aux salariés et aux entreprises en vue de trouver un nouvel équilibre, des stratégies plus saines.

Les participants ayant suivi au moins sept modules ont droit à un certificat émis conjointement par la CSL et le Cnam. A terme, cette formation pourrait aboutir à la création d’un diplôme partenarial de niveau européen, souligne Roger Melmer. Pour lui, la valorisation de la formation par une des universités participantes n’est cependant pas si évidente d’un point de vue institutionnel, étant donné que la CSL et le Cnam ne veulent ni privilégier, ni défavoriser une des institutions. "Il nous faut un cachet d’une université, c’est important aux yeux des participants", explique Roger Melmer. Même si la formation ne délivre actuellement pas de diplôme universitaire, il pense qu’elle pourrait aboutir à la création d’un label de qualité. "On pourrait par exemple aussi créer un label de développement durable pour les entreprises dont les employés ont suivi la formation, mais à ce moment-là il ne suffira pas d’obtenir ce label, il faudrait aussi mettre en pratique les nouvelles connaissances".