| 

Emploi et politique sociale
L’Institut de Formation Sectoriel du Bâtiment offre des formations dans le secteur de la construction
22-03-2007


Bruno RendersDepuis quelques années, le secteur de la construction est soumis à de nombreux changements technologiques et organisationnels. Pour rester compétitifs dans ce secteur en pleine évolution, les ouvriers et le personnel d’encadrement doivent se doter de nouvelles compétences et savoir-faire.

Qu’est-ce que l’IFSB ?

Au Luxembourg, l’Institut de Formation Sectoriel du Bâtiment (IFSB) a été crée en 2002 par les entrepreneurs de la construction et du génie civil afin d’identifier les besoins de formation des ouvriers et des cadres et de les adapter aux nouvelles exigences techniques du secteur. Cette tâche est d’autant plus difficile si on considère que le Luxembourg n’a pas développé, contrairement à la France, la Belgique et l’Allemagne, de véritable culture de la formation. "Le Luxembourg avait dans ce domaine pris du retard" avoue Bruno Renders, le directeur de l’IFSB, qui s’est inspiré de l’expérience de nos voisins tout en élaborant un modèle luxembourgeois très spécifique et pluridisciplinaire.

Depuis 2002, ce quadra dynamique a soulevé le défi qui consiste à doter le Grand-duché d’une véritable culture de la formation et de la sécurité dans le secteur de la construction. Il a démarré sa carrière professionnelle auprès des forces armées belges qu’il a quitté au grade de capitaine. A côté de cette formation militaire, il a bénéficié d’une formation technique dans le domaine de la construction. Pendant les 10 dernières années au département de la Défense belge, il a travaillé dans le secteur de la formation professionnelle où il a développé, entre autres, le centre de formation en management de l’environnement.

Les formations qui sont proposées par l’IFSB

Les compétences qui reviennent à l’IFSB sont dictées par les réalités du terrain que vit le secteur, les exigences du contrat collectif du bâtiment et les nouvelles directives européennes. Pour chaque métier, l’IFSB élabore une palette de modules de formation avec différents niveaux. Pour la mise en œuvre de ces modules, l’équipe de l’IFSB s’appuie sur les expériences et compétences d’experts mais également de formateurs internes.   

En 2006, 75.000 heures de formation ont été dispensées dans les locaux de l’IFSB à Sanem. Parmi la palette des modules de formation proposés par l’institut, il y a des formations de longue durée qui s’étalent sur 6 semaines, comme par exemple, la formation des chefs d’équipe, mais aussi des formations plus ciblées et plus spécifiques d’une heure.

Les formations pour les maçons rencontrent le plus de succès. Ils représentent le plus grand nombre de stagiaires, suivis par les grutiers et conducteurs d’engins de chantier et les formations qui sont calquées sur de nouvelles normes ou les évolutions techniques du secteur.

Dans son travail quotidien, le directeur de l’IFSB se heurte à trois obstacles majeurs

"Recruter des formateurs très qualifiés reste une tâche ardue dans la mesure où ces personnes sont rares et privilégient, le plus souvent, le travail sur le terrain" regrette B. Renders. L’équipe qu’il dirige au sein de l’IFSB est restreinte. Dans l’ensemble, 11 personnes travaillent pour l’institut. Selon B. Renders, la modestie de son institut présente des avantages mais aussi des inconvénients : "Une petite équipe permet d’être plus réactive par rapport aux problèmes qui se posent, mais elle est également synonyme de ressources limitées."

La philosophie de l’IFSB : "obtenir les meilleurs résultats en peu de temps"

L’IFSB a mis en place des modules flexibles qui permettent d’obtenir les meilleurs résultats en peu de temps. Pour éviter de monopoliser le temps des ouvriers et des personnes d’encadrement, l’IFSB mettra à leur disposition du matériel d’auto-formation pour qu’ils puissent se préparer avant d’entrer dans une formation. En outre, cela signifie que le stagiaire est formé durant toute la durée de la formation sur un engin, comme en entreprise. "Cette utilisation optimale du temps est très importante pour les entreprises car la formation représente un coût considérable pour l’entreprise" souligne B. Renders. Durant le temps de la formation, l’entreprise assure le salaire des ouvriers envoyés en formation et supporte les frais de formation par le biais du paiement obligatoire d’une cotisation Formation Sectorielle Bâtiment.

D’où la réticence au départ de certaines et surtout des plus petites entreprises. Mais, les mentalités ont évolué et les chefs d’entreprise qui étaient réticents au départ "ont compris que la formation change les ouvriers tant parce qu’ils ont acquis de nouvelles compétences mais parce qu’ils ont appris à optimiser leur rendement" tient à préciser Bruno Renders et ajoute non sans fierté que "les détracteurs d’hier sont aujourd’hui les grands promoteurs du projet."

Les évaluations des stagiaires

Pour offrir aux ouvriers un parcours de formation optimisé et individualisé, les ouvriers passent un test d’évaluation avant d’entrer en formation. Celui-ci permet d’orienter  l’ouvrier et lui permet d’évoluer selon son propre rythme. A la fin du stage, les ouvriers sont évalués techniquement. Les maçons, par exemple, effectuent un stage en entreprise et à l’issue de cette formation sur le terrain, ils seront appréciés sur leur savoir- technique (théorie), savoir-faire (pratique) et leur savoir-être, c’est-à dire la manière dont ils se comportent sur le terrain et notamment par rapport aux aspects de sécurité. Les modules débouchent sur un diplôme qui sera décerné au cours d’une cérémonie officielle par une autorité luxembourgeoise.

La reconnaissance des diplômes décernés par l’IFSB

Le directeur de l’IFSB veille à ce que les formations offrent des perspectives d’évolution professionnelles. "La raison d’être de notre institut est qu’un ouvrier qui démarre au bas de l’échelle puisse un jour sortir par le haut de l’échelle" souligne B. Renders. Notre objectif est d’offrir, par la formation professionnelle continue, des véritables parcours évolutifs aux travailleurs du secteur. Les diplômes délivrés par l’IFSB sont reconnus par les différents acteurs du monde de la construction. La continuité et la reconnaissance des formations est garantie par le contrat collectif du bâtiment, le soutien financier accordé par les entreprises du secteur industriel ainsi que les perspectives d’évolution professionnelles. Les formations de l’IFSB intègrent les exigences du Contrat Collectif qui prévoit, par exemple, pour les maçons, 4 niveaux de qualifications différents (Bd, B1, B2, B3). Les formations proposées par l’l’IFSB permettent à un maçon de passer d’un niveau à l’autre.