Initiative citoyenne européenne - Environnement - Santé
Une quarantaine d’ONG ont lancé simultanément dans plusieurs capitales européennes l’initiative citoyenne visant à interdire l’interdiction du glyphosate
08-02-2017


Une quarantaine d'organisations ont lancé l'ICE Stop Glyphosate le 8 février 2017Une quarantaine d'ONG ont donné le 8 février 2017 le coup d'envoi d'une initiative citoyenne (ICE) visant à obtenir l'interdiction du glyphosate, herbicide le plus vendu dans le monde, mais aussi très controversé.

Cette initiative citoyenne européenne (ICE) a été lancée simultanément à Bruxelles, Paris, Rome, Berlin et Madrid, par une coalition d'organisations dont WeMove.EU, Greenpeace, Pesticide Action Network Europe, Health and Environment Alliance (Heal), Générations Futures, le Criigen, la Confédération paysanne. Ce sont en tout 38 organisations de 15 pays qui portent ce projet, qui est défendu au Luxembourg par  Greenpeace Luxembourg, le Mouvement Ecologique et l’a.s.b.l. natur&ëmwelt.

La Commission européenne avait annoncé dès le 10 janvier dernier la décision du collège des commissaires d’enregistrer cette ICE sous le nom "Ban Glyphosate". 

Reste désormais aux organisateurs de cette ICE à recueillir en une année au moins un million de signatures au total dans sept pays de l'UE, avec un nombre minimum dans chaque pays. Au Luxembourg par exemple, le nombre minimum de signatures est de 4 500. Ensuite, la Commission doit réagir dans les trois mois. Elle peut décider de donner suite et déclencher une procédure législative, ou non, mais dans tous les cas elle doit motiver sa décision.

L’objectif des initiateurs de cette ICE est que "la Commission européenne propose aux États membres une interdiction du glyphosate, de réformer la procédure d’approbation des pesticides et de fixer à l’échelle de l’UE des objectifs obligatoires de réduction de l’utilisation des pesticides.

Il s’agit plus précisément d’interdire les herbicides à base de glyphosate, dès lors que des liens ont été établis entre une exposition à ceux-ci et l’apparition de cancers chez l’homme et que l’utilisation de ces produits a provoqué des dégradations des écosystèmes. Les initiateurs de ce projet veulent aussi faire en sorte que l’évaluation scientifique des pesticides aux fins d’une approbation par les autorités de régulation de l’UE s’appuie uniquement sur des études ayant été publiées, commandées par les autorités publiques compétentes et non par l’industrie des pesticides, et fixer à l’échelle de l’UE des objectifs obligatoires de réduction de l’utilisation des pesticides en vue de parvenir à un avenir exempt de pesticides.

Martina Holbach, chargée de campagne chez Greenpeace Luxembourg a rappelé que le glyphosate est l’herbicide le plus utilisé dans le monde, et ce malgré l’avis de l’OMS, qui a classé cet herbicide comme cancérogène probable en mars 2015. "La protection de notre santé et de notre environnement doit passer devant les intérêts et les profits de l’agrochimie", plaide-t-elle dans le communiqué de presse diffusé conjointement par les trois organisations luxembourgeoises qui ont participé au lancement de cette ICE.

Roger Dammé, responsable du dossier pesticides auprès du Mouvement écologique, estime pour sa part qu’il existe cette année une vraie chance de bannir enfin le glyphosate de nos champs et de nos assiettes en bloquant le renouvellement de l’autorisation du glyphosate qui expire à la fin de l’année.

Pour rappel, la Commission a en effet décidé en juin 2016 de prolonger temporairement l'autorisation du glyphosate jusqu'à la publication d'un nouvel avis scientifique au plus tard fin 2017, tout en restreignant ses conditions d'utilisation.

"Nos politiques doivent maintenant entendre clairement notre message", a plaidé Roger Dammé.

Roby Biwer, président de l’asbl natur&ëmwelt, a quant à lui souligné que l’interdiction du gluphosate ne doit pas pour autant conduire à l’utilisation accrue d’autres herbicides chimiques, ce qui explique pourquoi l’ICE exige aussi la fixation d’objectifs obligatoires de réduction de l’utilisation des pesticides à l’échelle de l’UE.