Traités et Affaires institutionnelles
En visite à Paris, Xavier Bettel s’est entretenu avec François Hollande en vue du sommet de Bratislava
23-08-2016


Xavier Bettel en visite à Paris le 23 août 2016, où il a rencontré François Hollande © Présidence de la République Française / J.BonetLe 23 août 2016, le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, a été reçu à Paris par le président français François Hollande pour une entrevue qui s’inscrit dans la foulée du référendum britannique sur le Brexit et dans la perspective du sommet informel qui se tiendra à Bratislava le 16 septembre prochain et qui réunira les 27 chefs d’Etat et de gouvernement des Etats membres.

Les rencontres bilatérales et multilatérales se succèdent et s’organisent dans toute l’Europe afin de préparer ce sommet qui a pour objectif de poursuivre la réflexion politique sur l’avenir de l’Union européenne lancée le 29 juin 2016 à 27, c’est-à-dire sans le Royaume-Uni.

Au cours de leur entrevue, Xavier Bettel et François Hollande ont évoqué les suites du référendum britannique et ont tous deux insisté sur la nécessité de disposer d’un calendrier clair et aussi rapide que possible pour la notification de la décision de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Seule cette notification peut en effet permettre d’engager les négociations, est-il souligné dans un communiqué de presse diffusé par l’Elysée à l’issue de cette rencontre.

"L'agenda européen ne doit pas être pris en otage par l'agenda britannique", a toutefois précisé Xavier Bettel au journaliste du Quotidien, Claude Damiani, à l’issue de la réunion. "Le Brexit ne sera pas le sujet le plus important à Bratislava", a-t-il confié au journaliste en lui expliquant que l’enjeu du sommet de Bratislava serait de "s’accorder sur la direction que nous souhaitons suivre à 27" à un an du 60e anniversaire du traité de Rome. Pour autant, "il ne s’agit pas de réécrire le traité de Rome", a précisé le Premier ministre à Pierre Leyers, journaliste du Luxemburger Wort. "Nous devons nous demander sérieusement comment l’UE doit continuer à fonctionner" à un moment où de plus en plus de membres demandent des dérogations sous la forme d’opt-out, a-t-il expliqué, inquiet de voir la communauté minée par les égoïsmes nationaux. "Je ne demande pas une Europe à plusieurs vitesses, mais je vois aussi que l’Europe à une seule vitesse ne fonctionne pas", a-t-il constaté en jugeant important de chercher des alternatives au mode de fonctionnement actuel de l’Union.

Xavier Bettel a souligné "l’importance d'une Union des valeurs, mais aussi d'une Union économique qui fonctionne ensemble, au niveau de son marché intérieur", rapporte encore Claude Damiani dans le Quotidien. "Nous devons nous pencher sur les investissements économiques, la lutte contre le chômage, la recherche, l'éducation... et tous les autres acquis communautaires assimilés tout au long de la construction européenne", a encore précisé le Premier ministre luxembourgeois.

Le communiqué de presse de l’Elysée indique que Xavier Bettel et François Hollande ont "marqué leur accord sur une relance de l’Union européenne autour de trois priorités", à savoir :

  • "la sécurité interne et externe, ce qui passe notamment par une protection renforcée des frontières extérieures de l’Union et une défense européenne disposant des capacités et des moyens d’intervention nécessaires ;
  • l’économie et le social, sur la base d’une amplification du Plan Juncker destiné à développer les investissements publics et privés dans les domaines d’avenir (numérique, transition énergétique, industrie et recherche…) ;
  • la jeunesse, avec le développement des programmes qui lui permettront d’accéder à des emplois, des formations, des mobilités ou de découvrir les cultures européennes".