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Selon le Statec, la croissance du Luxembourg est menacée par une contribution plus faible des activités financières au PIB et l’impact économique négatif du Brexit
30-06-2016


statec-nouveauDans un Conjoncture Flash publié le 30 juin 2016, le Statec, l’office de statistiques du Luxembourg, écrit que "l'évolution du PIB luxembourgeois a été marquée par un certain ralentissement au début de 2016, induit notamment par la contribution plus faible des activités financières". Par ailleurs, "l'été 2016 débute (…) par un bouleversement à l'échelle européenne avec la concrétisation du Brexit, un évènement fortement susceptible d'impacter négativement les performances économiques des prochains trimestres".

"Le PIB du Luxembourg a enregistré une progression de 0.7 % sur un trimestre au cours du 1er trimestre 2016 (+4.4 % sur un an)", écrit le Statec. Ce résultat témoigne selon l’office d'une conjoncture qui reste meilleure que celle de l'ensemble de la zone euro où la croissance a atteint 0.5 % au premier trimestre 2016, "mais marque tout de même un ralentissement sachant que le PIB luxembourgeois a progressé à un rythme trimestriel supérieur à 1 % sur les trois trimestres précédents".

Au cours des premiers mois de 2016, la croissance a principalement bénéficié des échanges extérieurs,  marqués en particulier par les exportations nettes de services non financiers ainsi que, dans une moindre mesure, par des dépenses d'investissement.

La consommation des ménages a en revanche baissé de 0.7 % sur un trimestre, en dépit d’un moral des ménages en hausse, d’un chômage en baisse et d’un rebond des ventes de voitures qui "laissaient espérer une dynamique plus favorable à l'entrée de 2016". Les ménages ont notamment consommé moins de carburants routiers, de tabac, mais aussi de gaz et d’électricité, cela étant probablement dû aux températures relativement douces au début de l'année 2016.

Sur le secteur financier, le Statec écrit : "La valeur ajoutée en volume du secteur financier a continué à progresser sur le 1er trimestre, mais sa contribution à la croissance tend à diminuer au cours des derniers trimestres. Il faut par ailleurs noter que, exprimée en valeur, elle recule fortement, étant largement impactée par des effets de marché négatifs (principalement liés à la baisse marquée des indices boursiers sur cette période). Cet effet "prix" négatif est amené à jouer sur certaines variables exprimées en valeur, notamment sur les recettes fiscales (taxe d'abonnement, impôts perçus sur les entreprises du secteur financier)."

Les services aux entreprises, notamment les activités juridiques et comptables, ont constitué le moteur de la croissance au 1er trimestre.

"L'industrie en revanche, pour laquelle les chiffres de production ont été nettement révisés à la baisse par rapport aux estimations préliminaires, affiche une contribution à la baisse marquée", écrit le Statec.

En termes de perspectives, le Statec estime que "les modalités du Brexit sont susceptibles de déstabiliser fortement les marchés financiers au cours des prochains mois" et d’autres conséquences négatives macroéconomiques sont à attendre, notamment via une baisse des échanges extérieurs entre le Royaume-Uni et l'Union  européenne". Le Statec se réfère à différentes études prospectives menées jusqu'à présent qui "montrent unanimement un impact économique négatif, non seulement sur le Royaume-Uni mais aussi sur les autres pays de l'Union européenne". Le repli immédiat de l’Eurostoxx50, qualifié d’indice phare de la zone euro, et la dépréciation de la livre sterling après le référendum du 23 juin sont les signes avant-coureurs d’une volatilité financière qui "sera ponctuée par l'actualité liée au Brexit et [qui] devrait se renforcer sur les semaines à venir".

Le marché du travail luxembourgeois est toujours marqué par une hausse régulière des créations d'emplois. "Au 1er trimestre 2016, l'emploi salarié intérieur a progressé de 0.8 % sur un trimestre, soit au même rythme que sur le trimestre précédent", écrit le Statec. Cette croissance est soutenue par "la bonne tenue des créations d'emplois dans la construction" et par les services aux entreprises, "ceci toujours grâce au travail intérimaire, aux activités de sécurité privée et aux activités de nettoyage", mais la plupart des autres branches "notent une décélération de l'emploi au 1er trimestre de 2016".

L’inflation annuelle au Luxembourg retombe à 0 % en mai après 0.1 % en avril.

"La balance courante s’est soldée par un excédent de 509 Mio EUR au 1er trimestre 2016, mais cet excédent a baissé de 40 % environ par rapport au 1er trimestre 2015 (-345 Mio)", écrit le Statec. Cette baisse est due au déficit commercial qui s’est accentué de manière sensible (-483 Mio EUR entre le premier trimestre 2015 et celui de 2016). Le Statec impute cette baisse aux changements de modèle commercial dans le commerce électronique qui a entraîné une baisse importante des exportations nettes de négoce international  qui est de l’ordre de -790 millions d’euros. Mais par le fait qu’une redistribution entre flux de biens et services s’est ainsi effectuée, les importations de services ont baissé de 318 millions d’euros (-2 % sur un an), et les exportations de services ont augmenté de 407 millions d’euros (+2 %). Le solde des échanges internationaux de services s’est ainsi envolé de plus de 17 % (+750 millions), et ce sont surtout les services non financiers qui y ont contribué, car les échanges de services financiers, qui affichent une baisse du solde de 4.5 % sur un an, "ont été affectés par la conjoncture difficile des marchés financiers en ce début d’année".