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A la veille du Conseil européen, Xavier Bettel continue de plaider pour une solution européenne face à la crise des réfugiés et dit attendre des précisions sur le mécanisme de sauvegarde en matière de prestations sociales demandé par le Royaume-Uni
17-02-2016


A l’issue du conseil de gouvernement qui s’est tenu le 17 février 2016, à la veille d’un Conseil européen au cours duquel il sera notamment question de la crise des migrants et des réfugiés et des projets du Royaume-Uni concernant un référendum sur son appartenance à l’UE, le Premier ministre Xavier Bettel a fait brièvement le point sur la position du gouvernement luxembourgeois sur ces deux sujets.

En ce qui concerne la crise des réfugiés, Xavier Bettel a réaffirmé la position luxembourgeoise, qui consiste à plaider pour une solution européenne commune face aux Etats membres qui semblent penser qu’une solution nationale est la meilleure. "Ce que nous avons décidé ne fonctionne pas pour le moment", a constaté toutefois le Premier ministre qui a fait état de "retards massifs" en ce qui concerne la répartition des 160 000 réfugiés décidés en 2015. "Il est temps que chacun respecte ses engagements", estime Xavier Bettel. Le Premier ministre luxembourgeois a mis en garde contre les solutions individuelles prônées par certains Etats membres et les risques impliqués par l’érection de murs et de clôtures devant lesquels peuvent se presser des milliers de personnes.

Au sujet du Royaume-Uni, Xavier Bettel a précisé que de nouveaux documents devaient encore être soumis et analysés en plus du projet de compromis présenté le 2 février dernier par le président du Conseil européen, Donald Tusk, en vue de l’adoption d'un nouvel arrangement pour le Royaume-Uni dans l’Union européenne. "Le dernier mot n’a pas encore été dit", a indiqué Xavier Bettel.

Parmi les points qui doivent encore être discutés et qui sont importants pour le Luxembourg, le Premier ministre a cité la question du mécanisme de sauvegarde envisagé en matière de prestations dans le domaine social. Un sujet sur lequel il a précisé attendre plus d’indications.

Le même jour, le ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn, venait faire le point sur l’état des négociations avec la Grande-Bretagne avec les députés de la Commission des Affaires étrangères. L’occasion pour Jean Asselborn de préciser que s’il est prévu que tous les Etats aient la possibilité d’opter pour les dérogations aux règles sociales en vigueur proposées dans le projet de compromis soumis à la discussion par Donald Tusk, "l'actuel gouvernement luxembourgeois ne va certainement pas recourir à ces exceptions en matière sociale". C’est ce qui ressort notamment du communiqué publié sur le site de la Chambre des députés.

Xavier Bettel a insisté sur le fait qu’il y a des règles à respecter et qu’il ne serait pas possible qu’un pays ne veuille pas faire partie de la zone euro ou de l’Union bancaire tout en demandant un droit de regard et de décision sur ce qui s’y passe. Le Premier ministre a toutefois assuré ne pas pouvoir imaginer l’Europe sans le Royaume-Uni, ni le Royaume-Uni sans l’UE. Une sortie du Royaume-Uni serait à ses yeux "une catastrophe pour le Luxembourg et une catastrophe pour l’UE".