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Elections européennes - Parlement européen
Les groupes PPE, S&D et ALDE du Parlement européen se sont mis d'accord pour former à eux trois une "majorité pro-européenne stable"
26-06-2014


PPE-SD-ALDELes groupes PPE, S&D et ALDE du Parlement européen se sont mis d'accord le 26 juin 2014 pour former à eux trois une "majorité pro-européenne stable". "L'accord du 24 juin entre le PPE et les S&D, relatif aux discussions en cours sur des postes clés au Parlement européen, sera désormais étendu à l’ALDE", annonce un communiqué commun sur les sites internet du S&D et de l’ALDE, ce dernier étant le quatrième groupe au Parlement européen avec 67 élus. Les conservateurs et les socialistes, qui cumulent 412 députés sur 751, avaient convenu le 24 juin 2014 de "partager la présidence du Parlement européen: les premiers deux ans et demi pour un socialiste et la seconde partie du mandat, qui débutera en janvier 2017, pour un candidat du PPE", selon un communiqué sur le site du PPE.

Les trois groupes se sont aussi informellement entendus sur plusieurs positions qui seraient données à l'ALDE, entre vice-présidences et commissions parlementaires, en échange du soutien des libéraux à plusieurs décisions clefs pour les deux partis vainqueurs des élections, en premier lieu l'élection de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne, selon l’Agence Europe. Mais "l'accord ne signifie pas que le PPE et les socialistes renoncent à partager la présidence" au profit du président du groupe libéral, Guy Verhofstadt, mais son groupe va y gagner "une vice-présidence du Parlement européen et une présidence de commission en plus", a affirmé une source proche du dossier.

L'ALDE aurait menacé de ne pas soutenir l'élection de Martin Schulz à la présidence du Parlement

Le groupe ALDE aurait plaidé sa cause en suggérant qu'il pourrait ne pas soutenir l'élection de Martin Schulz à la présidence du PE, dit une source, faisant ainsi tomber tout le paquet ficelé entre S&D et PPE, selon l’Agence Europe. Avant de se joindre aux deux principaux groupes, l’ALDE avait vivement critiqué l’accord, tout comme le conservateur britannique Sajjad Karim, candidat à la présidence du Parlement de l’ECR, le troisième groupe avec 70 élus. Il avait invité l’ALDE et l’EFDD, le septième groupe, présidé par l’eurosceptique britannique Nigel Farage, de "s’unir contre les accords bipartisans négociés en coulisses pour la présidence du Parlement", selon la même source. "Depuis 1994, tous les présidents de la Commission ont eu besoin des Libéraux. Les chiffres montrent que cette fois, ce ne sera pas différent pour Juncker", avait lancé le président des libéraux, le belge Guy Verhofstadt, sur son compte Twitter.

Martin Schulz qui a élu à la présidence du groupe S&D le 18 juin 2014, a été soutenu par la chancelière chrétienne-démocrate Angela Merkel. Ce geste d’offrir une demi-présidence à Martin Schulz qui avait aspiré à un haut poste européen semble comme une récompense pour que l’Allemand renonce à un poste de commissaire, puisque le gouvernement allemand soutient toujours le commissaire sortant Günther Oettinger. L’élection de Martin Schulz à la présidence du Parlement est prévu le 1er juillet lors de la session inaugurale à Strasbourg. Le candidat pour succéder à Martin Schulz en 2017 n'a pas encore été désigné, mais devrait être le français Alain Lamassoure (PPE) qui était président de la commission des budgets dans le Parlement sortant, selon des sources européennes.

Le ralliement des libéraux pourrait pallier d'éventuelles défections quand le successeur désigné à José Manuel Barroso devra, à la mi-juillet, recueillir au moins 376 voix sur 751 au Parlement européen. Le PPE, les socialistes et l'ALDE "s'engagent à œuvrer pour créer une majorité pro-européenne stable au Parlement et ainsi défendre les valeurs et les principes de l'intégration européenne tout en s'efforçant, conjointement, d'engager des réformes qui renforceront et amélioreront le fonctionnement et la transparence des institutions et leur efficacité concernant la croissance économique", selon le communiqué commun du S&D et de l'ALDE.