Opinion
Eurobaromètre standard 79 : 60 % des Européens se méfient de l’Union européenne et pensent en majorité, et dans 14 Etats membres, que la démocratie ne fonctionne pas bien dans leur pays
26-07-2013


eurobarometerLa Commission européenne a publié le 23 juillet 2013 les premiers résultats de l’Eurobaromètre Standard 79 fondé sur des entretiens individuels, menés entre les 10 et 26 mai 2013. Au total, 32 694 personnes ont été interrogées dans les États membres de l’Union et dans les pays candidats.

La vie que mènent les Européens

"D'une façon générale, êtes-vous très satisfait(e), plutôt satisfait(e), plutôt pas satisfait(e) ou pas du tout satisfait(e) de la vie que vous menez ?" ont voulu savoir les enquêteurs. 75 % des Européens sont satisfaits de la vie qu’ils mènent, et ce sont même 93 % des résidents du Luxembourg, 92 % de leurs voisins belges, 89 % des Allemands et 83 % des Français qui le sont aussi. Il y a néanmoins des pays où le degré d’insatisfaction dépasse, et parfois de loin, les 50 %. Ce sont la Bulgarie, la Grèce, la Hongrie, le Portugal – 33 % de satisfaits seulement contre 67 % d’insatisfaits, un chiffre record – et la Roumanie.

Le poids de la politique dans la vie quotidienne

Quand les Européens se retrouvent avec des amis ou des proches, discutent-ils fréquemment, occasionnellement ou jamais à propos de politique ? Oui, trois quarts des Européens discutent de politique nationale, dont un cinquième fréquemment, 72 % des Belges et des Français, 70 % seulement des résidents luxembourgeois, dont plus de 43 % ne sont pas des citoyens luxembourgeois, mais 87 % des Allemands. La politique européenne a, avec 62 % en moyenne, un peu moins la cote. Mais elle atteint les 78 % en Allemagne et les 72 % au Luxembourg (plus que la politique nationale) et seulement 57 % en Belgique et 52 % en France. La politique locale préoccupe 73 % des citoyens européens, 72 % des résidents du Luxembourg, 71 % des Belges, 85 % des Allemands et seulement 66 % des Français.

La situation actuelle de l’économie

Comment ces Européens jugent-ils la situation actuelle ? La situation économique de leur pays est jugée mauvaise par 72 % des Européens, un jugement qui est resté stable depuis six mois. « Cette stabilité au niveau de l’UE masque des évolutions frappantes dans les deux directions au niveau national », disent les auteurs de l’enquête.

La perception de la situation actuelle de l’économie au niveau national varie grandement entre Etats membres. En Suède, en Allemagne et au Luxembourg, trois quarts des personnes interrogées ou plus considèrent encore que la situation économique de leur pays est bonne. En Belgique, 33 % (+ 13) des répondants jugent la situation économique dans leur pays bonne. On trouve aujourd'hui six Etats membres dans lesquels moins de 5 % des personnes interrogées sont d'accord avec cette affirmation : la Grèce et l'Espagne ont en effet été rejointes par la Slovénie, le Portugal, la Bulgarie et Chypre. Dans quatre autres Etats membres, moins de 10 % des personnes interrogées sont d'accord que la situation dans leur pays est bonne: en Roumanie, en Irlande, en Italie et en France. L’écart se creuse entre les pays percevant leur situation comme positive et ceux qui la perçoivent comme négative. Il est désormais de 79 points de pourcentage entre la Suède et l'Espagne, alors qu’il était de 74 points entre la Suède et la Grèce à l'automne 2012.

Le regard jeté par les personnes interrogées sur la situation de l’économie européenne n’est guère meilleur, puisque 72 % trouvent que la situation est mauvaise et 21 % seulement la trouvent bonne. Dans le détail, les résidents du Luxembourg se situent dans cette moyenne, ce qui contraste fortement avec la perception positive qu’ils ont de la situation de leur économie nationale. Les Allemands sont dans le même cas, avec 67 % des personnes qui jugent la situation mauvaise. Les Belges sont 76 % à la voir négativement, mais ils étaient encore 86 % il y a six mois, et les Français sont 79 % à avoir une vision noire des choses.   

53 % seulement des Européens voient leur situation professionnelle de manière positive et 30 % la voient de manière négative, un chiffre qui n’a pas évolué en moyenne. Néanmoins, le nombre des résidents du Luxembourg qui ont une vision positive de leur situation est même passé de 69 à 76 %, comme cela a aussi été le cas en Allemagne, où l’on est passé de 64 à 71 %. En France par contre, le nombre des personnes qui ont une vue positive de leur situation actuelle est bas, avec 53 %, par rapport à 55 % en automne 2012, et mitigé en Belgique, avec 68 % des personnes interrogées.

Les personnes interrogées ont pour 63 % d’entre elles une vision positive de la situation financière de leur ménage, mais 35 % la voient de manière négative, un chiffre stable depuis le printemps 2013. Avec 88 % de personnes satisfaites de leur situation financière, les résidents du Luxembourg sont dans le groupe de tête, alors qu’en Allemagne et en Belgique, 79 % des personnes interrogées sont satisfaites, un chiffre en légère augmentation. En France par contre, 65 % des personnes seulement sont satisfaites, un chiffre en diminution nette de 5 points.

Les Européens ont une vision très pessimiste de la situation actuelle de l’emploi dans leur pays, puisque 80 % la jugent mauvaise et 19 % seulement bonne, des chiffres qui n’ont là aussi guère évolué depuis 6 mois. Au Luxembourg, 49 % jugent la situation bonne, contre 53 % il y a six mois – en effet, le chômage a augmenté au Luxembourg au cours de cette période – et 49 % (+ 5) la jugent mauvaise. Bref, la perception des choses a basculé au Luxembourg vers le négatif en termes de perception de la situation actuelle de l’emploi. En Allemagne, 68 % des personnes interrogées ont une vision positive de la situation de l’emploi, contre 30 % de perceptions négatives, une situation qui elle n’a guère changé, En France par contre, 96 % des gens ont une vision négative des choses, comme dans les pays en crise profonde. Les Belges ont évolué, avec 72 % des personnes qui ont une vision négative, un chiffre élevé mais en nette diminution (- 8 points) et 28 % qui voient positivement les choses (+ 9).

Les attentes des Européens pour les douze prochains mois

Les enquêteurs d’Eurobaromètre ont ensuite voulu savoir quelles étaient les attentes des Européens pour les douze prochains mois : seront-ils meilleurs, moins bons ou sans changement. Le premier sujet a été la vie en général des personnes interrogées. 23 % pensent que les choses iront mieux, 16 % qu’elles iront moins bien, 3 % de moins qu’il y a six mois, et 58 % ne pensent pas que quelque chose va changer, ce nombre ayant augmenté de 2 points. Les résidents du Luxembourg  ont jugé à 33 % que les choses iront mieux pour leur vie en général, 10 points de plus qu’il y a six mois, ce qui est une évolution significative. Seulement 9 %  (-7) pensent que les choses iront pis et 56 % (-4) pensent que rien ne va changer.  Les Allemands sont ici d’une prudence rare, puisque 18 % seulement croient que les choses iront mieux, 8 % (-3) qu’elles iront moins bien et 73 % (+ 3) que rien ne changera. Les chiffres français sont eux aussi surprenants. Les Français ont une vision très négative des facteurs économiques, mais ils sont 30 % (+ 3) à voir les choses de manière positive pour leur vie en général, 14 % (-3) seulement à penser que les choses iront plus mal,  et 55 % (+ 2) à penser que rien ne changera.

Quant à l’évolution économique de leur pays dans les 12 mois à venir, les Européens sont 18 % (+1) à penser que les choses iront mieux, 34 % à penser que les choses iront plus mal, un chiffre en baisse de 6 points, et 44 % à penser que rien ne changera, un chiffre en hausse de 5 points. En clair, cela veut dire que le nombre des pessimistes diminue, mais que le gros des personnes ne voit pas les choses changer en bien. Le nombre des personnes qui ont une vision positive du futur économique du Luxembourg est passée de 11 à 19 % en six mois, ceux qui ont une vision négative de 53 à 34 %, une diminution significative, et ceux qui ne pensent pas que les choses vont changer est passé de 33 à 45 %. Ici aussi, les Allemands se révèlent très prudents, avec 14 % des personnes interrogées qui pensent que leur pays ira économiquement mieux (+ 4), 23 %  (-14) qui pensent que les choses iront moins bien et 59 % (+ 10) qui pensent que rien ne changera. En Belgique, le nombre des optimistes est passé de 9 à 20 %, le nombre des pessimistes a chuté de  58 à 38 % et ceux qui pensent que rien ne changera est passé de 31 à 42 %. En France par contre, le nombre des optimistes est passé de 20 à 17 %,  tandis que pessimistes et ceux qui pensent que rien ne va changer sont à 39 %.

Peu de changements par contre du côté de la perception par les personnes interrogées de la situation financière de leur ménage. Le nombre des optimistes stagne à 18 %, celui des pessimistes est passé de 23 à 19 %, et ceux qui pensent que rien ne changera sont 60 % (+ 4). Au Luxembourg, le nombre des optimistes a augmenté de 5 points, passant à 21 %, et celui des pessimistes a diminué de 5 points, passant de 15 à 10 %. 66 % des personnes interrogées (-2) pensent que rien ne changera.

Quant à l’évolution de la situation de l’emploi dans leurs pays respectifs, les Européens  ne sont que 17 % (+ 1) à penser que les choses iront mieux, 39 %, un chiffre en diminution de 6 points, à penser que les choses iront moins bien et 41 % (+ 5) que rien ne changera. En soi, toujours une vision pessimiste des choses. Au Luxembourg, les choses ont changé dans la perception de l’évolution de la situation de l’emploi, malgré la hausse continue du chômage, qui est (voir ci-dessus) mauvaise par 53 % des personnes. Le nombre des optimistes est passé de 11 à 14 %, ce qui est peu, mais le nombre des pessimistes est passé de 57 à 45 %, une baisse significative, tandis que le nombre des personnes qui pensent que rien ne changera, ici, que le pire n’est pas en train d’arriver, est passé de 29 à 39 %, une hausse elle aussi significative. Les perceptions de la situation de l’emploi n’est pas très différente dans les pays voisins.

Quant à leur situation professionnelle personnelle, le nombre des optimistes stagne à 17 % chez les Européens, le nombre des pessimistes diminue d’un point à 11 % et ceux qui croient que rien ne va changer, sont 61 % (+2). Cela n’est pas sans relation avec la manière positive dont les Européens voient la vie qu’ils mènent (voir ci-dessus). Reste que dans les pays en crise où les personnes ne sont pas satisfaites avec la vie qu’elles mènent, le nombre de pessimistes et de sceptiques est particulièrement élevé.  

Les personnes interrogées en Europe sont 18 % (+ 2) à penser que la situation économique va s’améliorer dans l’UE, et le nombre des pessimistes est passé de 39 à 32 %. 41 % des Européens pensent que rien ne va changer. Des chiffres qui ne sont pas foncièrement différents pour le Luxembourg et ses voisins.

Les problèmes les plus importants auxquels Etats membres et UE ont à faire face

Quant aux deux problèmes les plus importants auxquels doit faire face leur pays, les Européens placent tête le chômage (51 %) et la situation économique (33 %). L’inflation (20 %), la dette publique (15 %)  et l’insécurité (12 %) suivent. Les résidents du Luxembourg voient aussi avec 43 % le chômage comme le problème numéro 1 suivi par une question atypique pour le reste des Européens, le logement, (25 %, + 2), et cela n’est pas la première fois (LIEN). La situation économique préoccupe, mais avec 21 %, un moins significatif de 10 points, moins que dans le reste de l’UE. Les préoccupations liées au système éducatif (16 %, + 4), à l’insécurité (13 %, + 6) et à l’immigration  (13 %, + 5) révèlent par ailleurs un changement de perception fort de ces questions. Les Allemands sont plus préoccupés par la dette publique (29 %, mais une baisse de 5 points) et par l’inflation (24 %, là aussi une baisse de 5 points). Les Français sont particulièrement alarmés par le chômage (66 %, +7 points) et la situation économique (33 %, moins 2 points) tout comme les Belges.

Pour la moyenne des Européens interrogés, les deux problèmes les plus importants auxquels doit faire face l’UE actuellement sont dans l’ordre la situation économique (48 %, -5 points) et le chômage (38 %, + 2 points). Le problème des finances publiques suit directement ces deux sujets avec 30 % des réponses (- 2). Pour les résidents luxembourgeois, c’est le chômage qui prévaut avec 52 % (+ 2), suivi par la situation économique (34 %, avec une baisse de 14 points, signe d’une certaine détente dans la perception du problème). Les voisins du Luxembourg suivent la moyenne de l’UE, sauf pour les finances publiques, qui prévalent en Allemagne avec 49 % des réponses, contre 55 % il y a encore six mois.

Les choses vont-elles dans la bonne direction ? Non !

Les enquêteurs ont demandé aux personnes interrogées si d’une manière générale, les choses vont dans la bonne direction ou dans la mauvaise direction dans leur pays. La réponse est la même, à peu de choses près, qu’il y a six mois, mais cinglante : 25 % seulement des répondants pensent que les choses vont dans la bonne direction et 56 % pensent que non. Les résidents du Luxembourg sont moins pessimistes. 43 % pensent que les choses vont dans la bonne direction, 10 % de plus qu’il y a six mois, 39 % (- 5) pensent le contraire. L’Allemagne évolue sur la même ligne, mais en France, l’on broie du noir, avec 16 % (- 7) seulement des Français qui croient que les choses vont bien, alors que 70 % (+ 9) voient les choses aller dans le mauvais sens, alors qu’en Belgique, l’on se ressaisit, avec 35 % des gens (+ 18) qui croient que les choses vont mieux et 43 %, au lieu de 65 % il y a six mois, qui croient que les choses vont dans la mauvaise direction.

Quant à l’UE, 23 % des Européens pensent que les choses vont dans la bonne direction, mais ce sont toujours 49 % (-3) qui pensent le contraire.  Les répondants du Luxembourg sont 26 % (+ 5) à voir les choses de manière positive, mais 61% (- 2) à les voir de manière négative. Ils sont plus négatifs encore au sujet de l’UE que les Français (59 %, + 3), alors qu’Allemands et Belges se ressaisissent. 

Confiance ou plutôt défiance à l'égard des institutions : le Luxembourg et les pays scandinaves font exception

La confiance qu’inspirent certaines institutions aux personnes interrogées est un autre complexe de questions.

Les partis politiques n’inspirent confiance qu’à 16 % des Européens, et méfiance à 80 % d’entre eux. Ces données n’ont pas changé depuis 6 mois. Au Luxembourg, par contre, les partis politiques inspirent confiance à 35 % des répondants, un plus très significatif de 13 %, et la méfiance à leur encontre a reculé de 70 à 61 %. Même évolution en Belgique, où les partis recueillent 34 % en crédit de confiance (+ 11 points) et passent de 76 % à 65 % d’expressions de méfiance. En France, la défiance est à son comble avec 86 % (+ 3) et la confiance au plus bas avec 11 %. En Allemagne, le degré de confiance vis-à-vis des partis politiques passe de 21 à 25 % et le degré de défiance de 73 à 68 %.

Les gouvernements nationaux ne recueillent en moyenne que 25 % de crédits de confiance, un recul de 2 points, et 71 % de défiance, une hausse de 3 points. Là aussi, le Luxembourg se démarque avec les pays scandinaves au mois de mai 2013 avec un degré de confiance élevé de 62 %, en hausse de 5 points, vis-à-vis de son gouvernement national, contre 35 % de défiance (-1).  En Allemagne, le degré de confiance dans le gouvernement national est passé de 38 à 46 % et la défiance passée de 60 à 53 %. En Belgique, le degré de confiance a augmenté aussi de 41 à 44 % et le degré de défiance est passé de 53 à 50 %. La France par contre broie là aussi du noir, avec 24 % (-6) seulement de confiance et 73 % (+8) de défiance.

La confiance vis-à-vis des parlements nationaux est elle aussi faible dans la moyenne européenne, avec 26 % (-2) et 68 % (- 2) de défiance. Les résidents luxembourgeois ont avec 49 % (+1) contre 41 % (+3) moins confiance dans leur Chambre des députés que dans leur gouvernement. En Belgique et en Allemagne, confiance et défiance s’équilibrent presque, mais en France,  la confiance vis-à-vis des parlements nationaux est aussi faible qu’en Europe avec 25 % (-7) et la défiance aussi forte avec 68 %, mais en plus forte augmentation avec 10 points.

La confiance dans l’UE s’érode aussi, avec 31 % (-2) de confiance seulement et 60 % de défiance (+ 3). Au Luxembourg, la confiance est avec 43 % plus faible que la défiance qui affiche 52 % (-1). Dans tous les pays fondateurs de l’UE, la défiance à l’égard de l’UE prévaut sur la confiance, en Belgique avec 51 % contre 48 %, en Allemagne avec 61 % (+2) contre 29 %, en France avec 57 % contre 34 %, en Italie avec 61 % (+ 8) contre 25 % (- 6), et aux Pays-Bas avec 58 % (+ 8) contre 37 % (- 5). Dans les pays en crise, la défiance atteint des sommets avec 80 % en Grèce, 75 % en Espagne, 83 % à Chypre ou 71 % au Portugal.

L’image de l’UE : une perception très mitigée

Les enquêteurs de l’Eurobaromètre ont ensuite voulu savoir quelle image les personnes interrogées ont de l’UE, si elle est très positive, assez positive, neutre, assez négative ou très négative. Les Européens ont alors à 30 % une image positive, à 29 % une image négative et à 39 % une image neutre de l’UE. Mais sur cette question plus vague, les réponses sont moins tranchées, et le neutre prévaut.

Vient alors une question plus précise : Que représente l'UE pour vous personnellement ? Dans l’ordre, les réponses sont les suivantes :

  1. La liberté de voyager, d’étudier et de travailler partout dans l’UE : 42 %, un chiffre qui n’a pas bougé depuis six mois ;
  2. L’euro avec 33 % (- 2) ;
  3. Un gaspillage d’argent avec 27 %, un chiffre stable, mais aussi une critique cinglante ;
  4. La paix avec 25 % (-1)
  5. La bureaucratie avec 24 % (+ 1), autre critique cinglante
  6. En ex aequo, la diversité culturelle, la démocratie et le chômage avec 19 % (+1), ici aussi une critique ouverte.

Cet ordre est différent au Luxembourg. La liberté de voyager, d’étudier et de travailler partout dans l’UE et l’euro se retrouvent aussi en tête des réponses, avec 59 % et 46 % (+2). Mais ensuite, c’est la paix qui apparaît en troisième position avec 42 % (+ 1), ce qui est dû au discours politique ambiant sur cette question, et en quatrième position, et de façon très prononcée avec 37 % (+ 5),  c’est la diversité culturelle, ce qui est dû au quotidien des résidents du Luxembourg pays d’immigration. En cinquième position figure un sujet qui n’apparaît que bien plus tard dans la moyenne européenne, le fait que l’UE donne une voix plus importante à l’Europe dans le monde avec 31 % (+6). Mais, et là c’est un élément non-négligeable de critique, 30 % des répondants (+ 6 points), donc plus que la moyenne européenne, considèrent l’UE comme de la bureaucratie.      

Chez les voisins du Luxembourg, ce qui frappe d’abord en Allemagne, c’est que la liberté de voyager et de circuler est massivement plébiscitée avec 50 %, mais décline avec un moins de 6 points. Ensuite, l’euro et l’UE considérée comme un gaspillage d’argent figurent avec 46 % en deuxième position, la popularité de l’euro ayant pris un coup (- 3 points). L’UE comme un facteur de paix est fortement accentuée en Allemagne avec 44 % et figure en quatrième position, suivie par les 43 % de réponses (+ 6 points) qui taxent l’UE d’être avant tout une bureaucratie. Finalement, l’UE est pour 29 % des répondants égale à plus de criminalité, un chiffre en hausse continue en Allemagne. Les Français n’ont pas des positions tranchées sur ces points, sauf qu’ils accordent à la diversité culturelle (5e position) et à l’UE dans le monde (6e position) un peu plus d’importance que la moyenne européenne.

Un point à retenir aussi est que les Européens sont 59 % (+ 1) à trouver que le mot "efficace" décrit mal l’UE et 49 % (- 2) que le mot "technocratique" la décrit bien.  Les Européens sont aussi 56 % à ne pas être d’accord avec l’affirmation que "l'UE crée les conditions nécessaires pour plus d'emplois en Europe". Le Luxembourg et ses voisins se situent aussi dans cette ligne.

Les répondants sont par contre d’accord à 64 % que "l'UE est responsable des mesures d'austérité en Europe".

Néanmoins, 62 % des personnes interrogées en Europe et 79 % au Luxembourg sont d’accord avec l’affirmation que "l'UE rend plus facile le fait de faire des affaires en Europe", avec pour exception les citoyens des pays en crise.

L'affirmation que "l’UE génère trop de bureaucratie en Europe" recueille carrément 74 % de réponses positives, 83 % même au Luxembourg et 86 % en Allemagne.

Dans cette trame, les Européens sont donc très indécis pour dire que "l'UE sortira plus équitable de la crise". 37 % sont d’accord, 44 % ne le sont pas (44 contre 48 % au Luxembourg), avec néanmoins un rejet très net en France de cette affirmation avec 54 % des répondants qui ne sont pas d’accord et 27 % des répondants qui le sont.

C’est que seulement 49 % des répondants  contre 35 % ne sont pas d’accord pour dire que "l'UE fait payer sa juste part au secteur financier". En Belgique, en France et au Luxembourg, la part de ceux qui refusent cette affirmation dépasse les 50 %.

71 % des répondants dans l’UE, 74 % des Belges, 80 % des Allemands, 79 % des Français et 78 % des résidents du Luxembourg ne sont pas d’accord pour dire que "l'UE rend le coût de la vie moins cher en Europe".

Les choses se compliquent avec les réponses à l’affirmation que "l'UE rend la qualité de vie meilleure en Europe". 43 % des répondants sont d’accord, 49 % pas d’accord. Belges, Allemands et résidents du Luxembourg sont en majorité d’accord avec cette affirmation, les Français par contre avec 53 % contre et seulement 36 % pour, pas du tout. Les critiques viennent avant tout des pays qui sont soumis à de fortes réformes et/ou en crise.

Pourtant, une majorité de 57 % de répondants sont d’accord avec l’affirmation que "l'UE aide à régler les menaces et défis mondiaux". Seules la Grèce et Chypre ne sont pas d’accord, et l’Espagne, le Portugal et le Royaume-Uni sont en retrait.

55 % des répondants sont aussi d’accord pour dire que "l'UE aide à la protection de ses citoyens". Là aussi, ce sont les répondants dans les pays en crise, Grèce, Chypre, Espagne, Portugal, qui sont les seuls à ne pas être d’accord.

Une affirmation complètement majoritaire, avec 80 % contre 12 %, est celle de dire que "l'UE a besoin d'un message plus clair". 

Connaissance et confiance dans les institutions de l’UE

Quant à la connaissance des institutions de l’UE, la moins connue des répondants est avec seulement 69 % de réponses positives le Conseil.

Mais quand il est question de confiance, les choses se compliquent. Le Parlement européen recueille 41 % (-2) de confiance, et 47 % de défiance. La Commission européenne recueille 36 % de suffrages positifs (- 4 points) et 47 % de réponses négatives (+3). Le Conseil ne recueille qu’un tiers de suffrages positifs (33 %, - 3 points) et 44 % de suffrages négatifs (+1). La Banque centrale, qui inspire tant de confiance aux marchés, ne recueille que 34 % de suffrages de confiance (- 3 points) auprès des citoyens interrogés, et 51 % de défiance (+ 2). La Cour de Justice de l’UE s’en sort le mieux, avec 48  points de confiance (-1) et 35 points de défiance (-1). Sur toutes ces questions, les répondants au Luxembourg accordent néanmoins majoritairement leur confiance à ces institutions européennes, mais pas les Français et les Allemands.    

Une évaluation des grandes politiques de l’UE

Les enquêteurs confrontent ensuite les personnes interrogées à une série de propositions sur les grandes politiques de l’UE et veulent connaître leurs positions, s’ils sont pour ou contre.

"Une union économique et monétaire européenne avec une seule monnaie, l'euro" recueille 51 % de réponses positives (-2) et  42 % de réponses négatives (+ 2). Les résidents du Luxembourg sont à 77 % (+5) pour et 21 % (-5) contre. L’UEM avec l’euro comme monnaie unique recueille de très fortes majorités chez ses voisins aussi. Que les pays qui ne veulent pas entrer dans la zone euro – le Danemark, le Royaume-Uni et la Suède – figurent parmi ceux qui n’adhèrent pas à cette proposition n’étonne pas. Ce qui surprend par contre est que dans un pays comme la Lituanie, dont le gouvernement vise l’entrée dans l’euro, ou la Lettonie, qui entrera dans la zone euro le 1er janvier 2014, les citoyens soient respectivement 52 % et 51 % à être opposés à cette proposition.

"Une politique étrangère commune aux 27 Etats membres de l’UE" recueille deux tiers de réponses positives, sauf dans les pays scandinaves et le Royaume-Uni. 

"L'élargissement de l'UE à d'autres pays dans les années à venir" continue par contre à poser problème, avec seulement 37 % de réponses positives (-1) et 53 % de réponses négatives (+1). Les Belges ne sont que 36 % (+3), les Allemands que 18 % (-3 %), les Français que 22 % (-44) et les résidents du Luxembourg que 31 % (+4) à être en faveur d’un nouvel élargissement, alors que la Croatie vient d’entrer dans l’UE le 1er juillet 2013. Ce sont surtout les répondants dans les "nouveaux" Etats membres qui sont en faveur de nouveaux élargissements.

L’idée d’une "politique de sécurité et de défense commune des Etats membres de l'UE" par contre est, avec une majorité de 74 % de réponses positives dans l’UE (85 % au Luxembourg), une proposition qui fédère, même au Royaume-Uni, avec 56 %.

Les élections européennes

En vue des élections européennes, les enquêteurs ont aussi voulu savoir ce que les Européens pensent de l’idée d’un "candidat au poste de Président de la Commission européenne présenté par les partis politiques européens aux prochaines élections du Parlement européen". L’idée fait son chemin, recueille 56 % de réponses positives, mais le nombre des répondants qui n’ont pas de réponse – 22 % - est aussi élevé que celui de ceux qui s’y opposent. L’idée, très fortement majoritaire en Allemagne, en Belgique et au Luxembourg, n’est pas majoritaire en Espagne, en France, en Lituanie et au Royaume-Uni.

Le fonctionnement de la démocratie dans les Etats membres et dans l’UE

Un bloc de questions est dédié au fonctionnement de la démocratie dans les Etats membres et dans l’UE.

Ce qui frappe est qu’une majorité de 50 % (+ 1) de répondants  contre 48 % (-1) pensent que la démocratie dans leur pays ne fonctionne pas bien. Cette moyenne est un indice, mais ne dit pas tout. S’y ajoute que dans la plupart des pays, les réponses pour savoir si la démocratie fonctionne bien ou mal dans tel ou tel Etat membre sont très tranchées. C’est notamment le cas en Bulgarie (85 % d’insatisfaction), en République tchèque (67 %), en Estonie (56 %), en Grèce (85 %), en Espagne (75 %), en Italie (69 %), à Chypre (65 %), en Lettonie (55 %), en Lituanie (72 %), en Hongrie (68 %), au Portugal (85 %), en Roumanie (80 %), en Slovénie (79 %) et en Slovaquie (70 %). Tous ces pays sont, sauf l’Italie, des démocraties très jeunes, qui se sont seulement débarrassés de leurs dictatures entre 1974 et 1991, et dans plusieurs cas, il s’agit de nouveaux Etats. En France, au Royaume-Uni et en Pologne, le degré d’insatisfaction dépasse aussi nettement les 40 %. Dans les autres pays, y compris le Luxembourg, qui sont tous de vieilles démocraties, le degré de satisfaction oscille par contre entre 70 % et  un peu plus de 80 %. Mais ces pays sont une minorité.

Quant au fonctionnement de la démocratie dans l'UE, le jugement des répondants est mitigé avec 43 % (-1 point) de satisfaits et 46 % (+1) de non-satisfaits. Le jugement des citoyens des pays en crise est très négatif. Pour les citoyens de nouveaux Etats membres où le fonctionnement de la démocratie nationale est jugé mauvais voire très mauvais, la démocratie dans l’UE est jugée positivement, comme si elle était un recours. Au Luxembourg, la démocratie dans l’UE est aussi jugée positivement avec  62 % de satisfaction (-2) et 34 % d’insatisfaction (+1).     

La prise en considération des Etats membres et des citoyens par l’UE

Les enquêteurs ont par la suite voulu savoir si les personnes interrogées estimaient que "les intérêts de leur pays sont bien pris en compte dans l'UE". Là aussi, la réponse moyenne est mitigée, avec 40 % (-1) des répondants qui pensent que oui et 53 % (+1) qui pensent que non. Ici, le clivage est à peu près le même que pour la satisfaction avec la démocratie nationale (voir ci-dessus), sauf que les répondants des Pays-Bas sentent les intérêts de leur pays mal représentés (45% de réponses positives contre 48 %) et que les Lituaniens, qui étaient sur le point de prendre la présidence tournante du Conseil, sont passés de 44 % de réponses positives à 50 % et de 47 à 45 % de réponses négatives. 

"Ma voix compte dans l'UE" : d’accord ou pas d’accord, veulent savoir les enquêteurs. Les Européens ne sont guère convaincus. 28 % (-3) pensent que oui, mais 67 % (+3) pensent que non. Seuls les répondants danois croient que leur voix compte, et au Luxembourg, ils sont 46 % contre 51 %.  Par contre, 67 % des répondants européens contre 27 % pensent que "la voix de l’UE compte dans le monde". Même au Royaume-Uni, il n’y pas de doute à ce sujet.

L’UE et la mondialisation

Alors que la mondialisation est perçue par une faible majorité des Européens comme une opportunité pour la croissance économique (52 % contre 34 %), les enquêteurs leur ont demandé "si leur pays seul peut faire face aux effets négatifs de la mondialisation". A 67 % contre 23 %, ils ont répondu que non. Sauf les Finlandais, qui sont 45 % (+2) à penser que oui et 48 % (-3) à penser que non. Mais l’idée que "l’UE aide les citoyens européens à se protéger des effets négatifs de la mondialisation" ne convainc que moyennement, avec 41 % de réponses positives (-1) et 45 % (+1) de réponses négatives. Des réponses positives marquantes dominent en Bulgarie, au Danemark, en Lituanie, au Luxembourg, à Malte, en Autriche et en Pologne, et des réponses négatives marquantes dominent en République tchèque, en Grèce, en France, en Italie, à Chypre, au Portugal et en Slovénie. 

Une autre question est celle-ci : "Mon pays pourrait mieux faire face au futur s’il était en dehors de l’UE." 56 % (-2) des répondants trouvent que cette affirmation est fausse, 33 % (+1) trouvent qu’elle est juste. Seules l’Autriche, Chypre et la Pologne divergent de ce grand consensus.

Le futur et les objectifs de l’UE

Tout un bloc de questions est consacré au futur de l’UE.

Les questions sont lancées par une proposition institutionnelle abstraite et tout sauf univoque : "L’UE devrait davantage se développer en une fédération d’Etats-nations".  Celle-ci reçoit un accueil mitigé avec un résultat identique à celui d’il y a six mois : 44 % pour et 35 % contre. Seules les personnes interrogées en République tchèque, en France, à Chypre, au Luxembourg, aux Pays-Bas, en Autriche, en Pologne et en Slovaquie dégagent une majorité nette en faveur de cette perspective, talonnées par les répondants en Belgique et en Allemagne.

Les enquêteurs ont posé une double question : d’abord "quel est, à l’heure ACTUELLE et selon vous l’objectif principal de la construction européenne". Les trois sujets qui se dégagent sont le développement de l’économie et de la croissance dans l’UE avec 27 %, puis l’amélioration du niveau de vie des citoyens de l’UE avec 18 % et ensuite la paix et la stabilité avec 16 %.

Puis, les enquêteurs ont demandé "quel DEVRAIT être l’objectif principal de la construction européenne". La réponse est légèrement, mais significativement inversée : 25 % (+1) sont d’avis qu’il faut améliorer le niveau de vie des citoyens de l’UE, puis 22 % sont d’avis qu’il faut favoriser l’économie et la croissance. Les répondants ont en quelque sorte mis la fin devant les moyens, à l’instar de ce qu’impliquent d’autres de leurs réponses où ils ont clairement indiqué que certaines fins n’ont pas été atteintes par l’UE. La paix suit avec 15 %.  

Les personnes interrogées sont-elles très optimistes, plutôt optimistes, plutôt pessimistes ou très pessimistes concernant le futur de l’UE ? Cette question reçoit en moyenne une réponse indécise, avec un total de 49 % de réponses optimistes (-1) et 46 % de réponses pessimistes (+1). Parmi les optimistes, l’on trouve les Belges, les Bulgares, les Danois, les Allemands, les Estoniens, les Irlandais, les Lettons, les Lituaniens, les résidents du Luxembourg, les Maltais, les Néerlandais, les Polonais, les Roumains, les Slovènes, les Slovaques, les Finlandais et les Suédois, donc les ressortissants de 17 Etats membres. L’UE n’a donc pas la cote, mais elle pourrait faire mieux ; elle est (très) critiquée, mais pas rejetée.      

Au cours de l’enquête, la Commission se livre à une sorte d’exercice de rattrapage. Au début de l’enquête, elle a demandé si les choses allaient dans la bonne direction dans l’UE, et elle a récolté 49 % (-3) de réponses négatives et 23 % de réponses positive. Elle soumet donc des initiatives des derniers mois et des objectifs en partie liés à la stratégie Europe 2020 au jugement des personnes interrogées. Celles-ci sont formulées de manière telle qu’il est difficile d’être contre.

Les initiatives ont pour intitulé : "augmenter l’aide aux politiques de recherche et de développement et transformer les inventions en produits" ; "augmenter la qualité et l'attractivité du système d'enseignement supérieur de l'UE" ; "développer l'e-economie en renforçant l'Internet ultrarapide au sein de l'UE" ; "soutenir une économie qui utilise moins de ressources naturelles et émet moins de gaz à effet de serre" ; "aider la base industrielle de l'UE à devenir plus compétitive par la promotion de l'esprit d'entreprise et par le développement de nouvelles compétences" ; "moderniser les marchés de l'emploi en visant l'augmentation du niveau des emplois" et "aider les gens pauvres et socialement exclus et leur permettre de prendre une part active dans la société". Les objectifs se lisent ainsi : "Les trois quarts des hommes et des femmes âgés de 20 à 64 ans devraient avoir un emploi. La part des fonds investis dans la recherche et le développement devrait atteindre 3% des richesses produites dans l'UE chaque année. Réduire d'ici 2020 les émissions de gaz à effet de serre dans l'UE d'au moins 20 % par rapport à 1990. Augmenter d'ici 2020 la part de l'énergie renouvelable dans l'UE de 20 %. Augmenter d'ici 2020 l'efficacité de l'énergie dans l'UE de 20 %. Le nombre de jeunes quittant l’école sans qualification devrait descendre à 10 %. Au moins 40 % des personnes âgées de 30 à 34 ans devraient avoir un diplôme de l'enseignement supérieur. Le nombre d'Européens vivant sous le seuil de pauvreté devrait être réduit d'un quart d'ici 2020."

Puis, après avoir récolté des réponses plutôt positives, elle pose la question suivante : "Après avoir entendu parler des priorités de l’UE, pensez-vous que l’UE va dans la bonne direction ou dans la mauvaise direction pour sortir de la crise et faire face aux nouveaux défis mondiaux ?" En moyenne, les Européens pensent à 42 % que les choses vont alors dans la bonne direction et 30 % qu’elles vont dans la mauvaise direction. 28 % sont indécis. 42 %, c’est mieux que 23 %, et 30 % de réponses négatives, c’est mieux que 49 %.

Néanmoins, la Commission doit admettre que "le sentiment que l'UE va dans la bonne direction continue d'être bien plus répandu à l'extérieur de la zone euro (50 %, +1, contre 26 %, -3) qu'en son sein (37%, stable, contre 32 %, -1)." Au cœur de l’UE, il y a donc un  problème.

Les enquêteurs veulent aussi connaître les perceptions du futur des répondants. Leur question est longue : "Certains analystes disent que l’impact de la crise économique sur le marché de l’emploi en est déjà à son apogée, et que les choses vont tout doucement s’améliorer. D’autres, au contraire, disent que le pire reste à venir. Laquelle de ces deux opinions se rapproche le plus de la vôtre ?"

Malgré le fait que le sentiment selon lequel, pour 55 % (- 7) des répondants, le "pire est encore à venir", la Commission met en avant le fait que ce ne sont plus 29 %, mais bien 36 %, donc "plus d’un tiers des Européens" qui sont désormais d’avis que la crise de l’emploi est arrivée à son apogée. Elle se réjouit parce que c’est "le plus haut niveau depuis l’Eurobaromètre Standard du printemps 2011 (EB75)" et que l’opinion selon laquelle "le pire reste à venir" est maintenant "moins largement répandue". La Commission admet néanmoins que "l’opinion publique reste très divisée entre les différents pays sur la question de l’impact de la crise économique sur le marché de l’emploi".

En effet, dans 19 pays, une majorité de personnes interrogées pense que le pire reste à venir ; elles sont plus des deux tiers à être de cet avis à Chypre (83 %), au Portugal (75 %), en Slovénie (73 %), en Grèce (68 %) et en France (68 %). Les craintes sont aussi assez fortes dans les pays plus riches comme la Belgique, le Danemark, le Luxembourg, la Suède ou la Finlande. Moins d'un tiers partage cette opinion en Bulgarie (31 %). Dans huit Etats membres de l'UE, une majorité de personnes interrogées estime que l'impact de la crise sur l'emploi a déjà atteint son apogée.

Si, à partir de ces éléments, la Commission conclut qu’il s’agit de "l’amélioration la plus frappante" dans l’Eurobaromètre 79, puisque, selon elle, les perceptions que la fin de la crise de l’emploi se dessine ont légèrement augmenté, d’autres acteurs n’arriveront pas nécessairement à cette conclusion, à l’instar des personnes interrogées.

La hiérarchie des acteurs les mieux placés pour agir efficacement face aux conséquences de la crise financière et économique est, partant des réponses des personnes interrogées, stable depuis l’automne 2012 : malgré une baisse de 1 point, l'UE est encore considérée comme l'acteur le mieux placé (22 %, -1), suivie de près par le gouvernement national (21 %, +1). Le G20 (13 %, -1), le FMI (13 %, stable) et les Etats-Unis (8 %, stable), continuent à être mentionnés moins souvent.

L’opinion publique européenne a peu évolué concernant les conséquences de la crise pour l’UE et ses citoyens : tout comme à l'automne 2012, une large majorité d’Européens estime que les pays de l’UE vont devoir travailler plus étroitement ensemble (84 %, -1 point de pourcentage). Plus de la moitié des Européens pensent également que, suite à la crise, l’UE sera plus forte à plus long terme (53 %, stable). Le sentiment d’être plus proche des citoyens des autres pays européens suite à la crise s’est néanmoins légèrement effrité (42 %, -2). Au Luxembourg, il est pourtant passé de 44 à 51 %. Une large majorité d’Européens continue néanmoins à considérer que l’Union européenne a suffisamment de pouvoir et d’outils pour défendre les intérêts économiques de l’Europe dans l’économie mondiale (60 %, -1 par rapport à l’automne 2012 et -3 par rapport au printemps 2012).

La citoyenneté de l’UE

La citoyenneté de l'Union européenne est un des grands volets de l’Eurobaromètre 79.

Une très large majorité d'Européens se sent citoyen de l'UE, un résultat qui reste stable (62 %, -1 par rapport à l’automne 2012).Plus d'un tiers ne sont pas de cet avis (37 %, +1). Depuis le printemps 2010 (EB73), ce sentiment d’être un citoyen européen a peu évolué, oscillant entre 61 % et 63 %.

De grandes différences existent entre les pays : plus de trois personnes interrogées sur quatre se sentent citoyens de l’UE au Luxembourg (88 %), à Malte et en Slovaquie, tandis qu'elles sont moins de la moitié en Bulgarie, au Royaume-Uni, à Chypre et en Grèce. Cependant, ces quatre Etats membres sont les seuls où une majorité de personnes interrogées ne se sent pas citoyen de l'UE.

Partager la même monnaie renforce, dans une certaine mesure, ce sentiment de citoyenneté : 64 % des personnes interrogées au sein de la zone euro se sentent citoyens de l'UE contre 57 % en dehors de la zone euro.

Près de la moitié des Européens connaissent leurs droits en tant que citoyens européens (46 %, +1 par rapport à l'automne 2012, 64 % au Luxembourg). Mais la majorité des Européens indique ne pas connaitre ses droits en tant que citoyen européen (53 %, -1). Cette connaissance des droits du citoyen européen, après avoir augmenté de 5 points entre le printemps 2010 (EB73) et le printemps 2011 (EB75) (de 42 % à plus de 47 %), est depuis restée assez stable, oscillant entre 45 % et 47 %.

Dans 14 Etats membres, la majorité des personnes interrogées indique connaître ses droits en tant que citoyen européen, les niveaux les plus élevés étant atteints au Luxembourg (67 %, +4), en Finlande (65 %, -2) et en Allemagne (61 %, +3). Les évolutions les plus significatives par rapport à l’automne 2012 peuvent être observées au Portugal (+10, à 45 %), en Roumanie (+8, à 43 %) et en Slovaquie (+7, à 59 %).

Une large majorité d'Européens souhaite en savoir plus sur les droits du citoyen européen (59 %, 63 % au Luxembourg). Cette proportion est néanmoins en baisse par rapport à l’Eurobaromètre Standard du printemps 2010 (EB73), où 72 % des personnes interrogées partageaient cette opinion. À l'inverse, la proportion de personnes interrogées indiquant ne pas souhaiter en savoir plus sur leurs droits a augmenté, passant de 26 % au printemps 2010 à 39 % au printemps 2013.

Dans 23 Etats membres, une majorité de personnes interrogées souhaite en savoir davantage sur ses droits en tant que citoyen européen. Cette opinion est la plus largement répandue à Chypre (86 %), en Slovaquie (76 %) et en Suède (75 %). À l'inverse, dans quatre Etats membres, la majorité des personnes interrogées indique ne pas souhaiter en savoir davantage : en Finlande (50 %), au Royaume-Uni (51 %), au Portugal (54 %) et en Autriche (59 %).

Les résultats les plus positifs de l’UE

Quant à savoir quel est le résultat le plus positif de l’UE, c’est la libre circulation des personnes, des biens et des services au sein de l’UE (56 %, +4, 57 % et -2 au Luxembourg) et la paix entre les Etats membres de l’UE (53 %, +3, 61 % au Luxembourg) continuent à être considérés, de loin, comme les résultats les plus positifs de l'UE.

Tous les autres sujets sont cités par un quart à un cinquième des personnes interrogées: l’euro (24 %, -1, 38 % et – 6 au Luxembourg), les programmes d’échange d’étudiants comme ERASMUS (23 %, +1, 27 % et + 7 au Luxembourg), l’influence politique et diplomatique de l’UE dans le reste du monde (20 %, stable, 21 % au Luxembourg), le pouvoir économique de l’UE (20 %, stable, 12 % seulement au Luxembourg) et le niveau de protection sociale (soins de santé, éducation, retraites) dans l’UE (19 %, +1, mais 29 % au Luxembourg). La politique agricole commune continue à fermer la marche (12 %, +1). La part d’Européens indiquant spontanément n’identifier "aucun" résultat positif de l’UE est en légère baisse (11%, -2, seulement 7 % au Luxembourg et en baisse).

Les résidents du Luxembourg ont d’ailleurs personnellement, et d’après leurs propres réponses, bénéficié plus que les autres Européens de certaines réalisations de l’UE.

41 % des Européens, mais 78 % des résidents du Luxembourg ont bénéficié du fait qu’il y a moins de contrôles aux frontières lors des voyages à l'étranger.

20 % des Européens et 39 % des répondants du Luxembourg ont profité de l’amélioration des droits des consommateurs lors de l'achat de produits ou services dans un autre pays de l'UE.

27 % des Européens ont profité des coûts de communication moins élevés pour l'utilisation d'un téléphone mobile dans un autre pays de l'UE, pour 45 % (+3 points) des résidents du Luxembourg.

Seulement 12 % des Européens, mais carrément 39 % des résidents du Luxembourg, ont bénéficié de la possibilité de recevoir une assistance médicale dans un autre pays de l'UE.  

11 % des répondants en Europe ont bénéficié du droit de travailler dans un autre pays de l’UE. Si les résidents du Luxembourg ont été 25 % à en bénéficier, cela vaut aussi pour les Belges (23 %, + 4), les Irlandais (26 %, + 4), les Polonais (40 %, +4) et les Slovaques (35 %, -3). Des résultats similaires touchent le fait de vivre dans un autre pays de l’UE, avec 39 % des résidents du Luxembourg qui disent avoir bénéficié de ce droit. Si 8 % des répondants ont étudié dans un autre pays de l’UE, ce sont 22 % des Belges, 16 % des Tchèques, 21 % des Irlandais, 35 % des résidents du Luxembourg, 31 % des Polonais et 31 % des Slovaques qui sont allés bien au-delà de ce chiffre moyen.

"Qu’est qui crée un sentiment de communauté parmi les citoyens de l’UE ?" : la culture et les sports ont la cote

La question "Qu’est qui crée un sentiment de communauté parmi les citoyens de l’UE ?" a, quant à elle, révélé quelques changements notables. Avant, c’était d’abord l’économie qui créait ce sentiment de communauté suivie par les valeurs communes. L’ordre des choses est ici fortement changé. La culture est désormais avec 28 % (+6) le premier domaine à générer un sentiment de communauté. Suivent l’économie (24 %, -2), les sports (23 %, + 6), l’histoire (22 %, + 2), les valeurs (19 %, - 4) et la géographie (17 %, + 3).

Chez les résidents du Luxembourg, cet ordre est encore différent. La culture (36 % + 10) fait une entrée en force et dépasse les langues (33 %, + 6) comme deuxième grand facteur favorisant le sentiment de communauté, même si ce facteur tient toujours une place prééminente dans un pays de plus en plus polyglotte. L’histoire vient en troisième lieu (27 %, +1), puis les sports qui montent en flèche en passant de 15 à 26 %. L’économie ne vient qu’en cinquième position (24 %, +4) et la géographie est aussi reconsidérée en passant de 10 à 20 %.

En Allemagne (36 %, + 8), en France (38 %, + 12) et en Belgique (33 %, + 10), la culture est aussi devenue avec force le facteur le plus important créant un sens de communauté parmi les citoyens de l’UE. L’économie occupe toujours le deuxième rang chez les Belges (28 %, -1), mais recule au troisième rang chez les Allemands (28 %, - 3) et au cinquième rang chez les Français (20 %, - 6). Ce sont, comme dans le reste de l’UE, les sports qui ont pris une nouvelle importance, car ils arrivent en Allemagne au deuxième rang (34 %, + 9), et au troisième rang en Belgique et en France. L’histoire occupe en Allemagne le quatrième rang (21 %), le cinquième seulement en Belgique (21 %, + 4), mais le deuxième rang en France (32 %, + 7). Les valeurs n’ont plus autant la cote, mais elles arrivent en quatrième position en Belgique (23 %, -4), en cinquième position en Allemagne (20 %, -4) et seulement en sixième position en France (19 %, - 9). La géographie occupe une position particulièrement forte et nouvelle en France en passant en quatrième position avec 23 % des réponses (+ 11). Ce qui distingue le Luxembourg et la Belgique de leurs voisins, c’est le rôle important accordé aux langues pour forger un sentiment de communauté avec 33 % (+6) respectivement 20 % (+4), et l’Allemagne se distingue par l’importance que ses répondants accordent aux inventions, aux sciences et à la technologie (18 %, + 4).                

Les valeurs dominantes dans l’UE

Les valeurs qui comptent le plus pour les citoyens européens sont les droits de l’homme (41 %, - 2), la paix (39 %, - 1), le respect de la vie humaine (37 %, - 7), la démocratie (26 %, - 2) et les libertés individuelles (24 %, + 1), cette dernière étant la seule valeur dominante qui enregistre une cote en hausse. La Belgique entre dans ce schéma. Au Luxembourg, la démocratie ne recueille que 16 % (- 5 points) des réponses, et c’est la tolérance (23 %) qui vient s’ajouter en quatrième position aux autres valeurs les plus appréciées par les répondants dans l’UE. Les Allemands ajoutent encore l’Etat de droit aux valeurs qui comptent le plus pour eux avec 23 % (-1 point), alors que les Français mettent en avant l’égalité, la solidarité et la tolérance avant la démocratie.

Les enquêteurs ont alors voulu savoir quelles sont les trois valeurs qui représentent le mieux l'UE. Avec plus ou moins d’emphase la réponse européenne, qui vaut aussi pour le Luxembourg et ses trois voisins, ce sont la paix (40 %, + 1), les droits de l’homme (34 %, - 1) et la démocratie (32 %, - 5), cette dernière voyant ses suffrages diminuer, ce qui vient renforcer l’impression qui se dégage aussi d’autres réponses rapportées dans les résultats, que la démocratie est souhaitée mais perçue comme problématique dans de nombreux Etats membres.