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Economie, finances et monnaie
Les ministres des Finances s’entendent pour apporter au FMI une contribution supplémentaire de 150 milliards d’euros
21-12-2011


Alors que les négociations étaient sur le point de commencer sur le traité international sur lequel se sont entendus les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE (à l’exception de la Grande-Bretagne) le 9 décembre 2011, les ministres des Finances ont tenu le 19 décembre 2011 une conférence téléphonique qui leur a notamment permis d’avancer sur la question de l’augmentation des contributions au FMI décidée elle aussi le 9 décembre 2011.

Les ministres de la zone euro, auxquels se sont joints les ministres d'autres Etats membres de l'UE, ont ainsi pu s’entendre sur l’apport de 150 milliards d’euros, ressources supplémentaires qui seront versées par le biais de prêts bilatéraux. La répartition des contributions va se faire selon les quotes-parts qui résultent de la réforme de 2010.

"L'Union européenne apprécierait que les membres du G20 ainsi que d'autres pays membres du FMI financièrement solides soutiennent les efforts visant à préserver la stabilité financière mondiale en contribuant à augmenter les ressources du FMI", indique le communiqué diffusé à l’issue de la réunion téléphonique par le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. L’objectif de ces ressources supplémentaires est en effet de "renforcer la capacité du FMI à remplir ses responsabilités systémiques".

Le Danemark, la Pologne, la République tchèque et la Suède ont indiqué leur volonté de participer à cet effort visant à renforcer les ressources du FMI, précise aussi le communiqué.

A l’issue du sommet du 9 décembre, Herman Van Rompuy avait évoqué le chiffre d’un montant total de 200 milliards d’euros. Le montant escompté n’est pour le moment pas atteint, ce qui s’explique notamment par le fait que le Royaume-Uni entend "définir sa contribution en tout début d’année, dans le cadre du G20", ainsi que l’indique le communiqué diffusé par Jean-Claude Juncker. "Le Royaume-Uni a toujours été prêt à envisager des ressources supplémentaires pour le FMI mais pour sa mission mondiale" et "dans le cadre d'un accord global", a précisé un porte-parole du gouvernement britannique dans un communiqué diffusé à Bruxelles.

"Nous saluons le soutien des ministres des Finances de l'UE à un accroissement substantiel des ressources du FMI, au moment où nous travaillons à renforcer nos capacités à assumer nos responsabilités systémiques envers nos Etats membres dans le monde", a indiqué un porte-parole du FMI dans un communiqué publié à la suite de cette annonce de l’Eurogroupe.

Le 21 décembre 2011, la Norvège s’est dite prête, elle aussi, à apporter des ressources supplémentaires au FMI à hauteur de près de 7 milliards d’euros. "La Norvège a proposé aujourd'hui au Fonds monétaire international un prêt de 55 milliards de couronnes pour contribuer à stabiliser l'économie européenne", a annoncé le Premier ministre norvégien Jens Stoltenberg lors de sa traditionnelle conférence de presse semestrielle. "On le fait parce que c'est dans notre intérêt de restaurer suffisamment  d'ordre dans l'économie internationale pour pouvoir sortir de la crise dans laquelle on s'englue actuellement", a souligné Jens Stoltenberg, insistant sur le fait qu’il ne s'agit pas " d'un cadeau", mais "d'un placement". Le prêt norvégien est conditionné au feu vert du Parlement et à la contribution d'autres pays.

L'ADR critique une contribution par habitant record au Luxembourg

Selon les chiffres donnés par l’AFP, l'Allemagne devrait apporter la contribution la plus importante, 41,5 milliards d'euros, devant la France (31,4 milliards d'euros), l'Italie (23,48 milliards d'euros), l'Espagne (14,86 milliards d'euros), les Pays-Bas (13,86 milliards d'euros) ou encore la Belgique (9,99 milliards d'euros). Lorsqu’il était venu présenter à la Chambre les résultats du Conseil européen de décembre, Jean-Claude Juncker avait évalué la participation luxembourgeoise à hauteur de 1,5 à 2 milliards d’euros.

Un chiffre sur lequel a réagi l’ADR, relevant dans un communiqué très critique diffusé le 20 décembre 2011 que la contribution de tout Luxembourgeois s’élèverait à 4 024,70 euros, un chiffre record puisque les Belges arriveraient derrière avec une contribution par habitant de 912,19 euros. "Il a suffi d’une conférence téléphonique pour que le Luxembourg soit riche d’un engagement de plus de 2 milliards", dénonce l’ADR. "Le Luxembourg sauve le monde", raille le parti qui se demande "qui va sauver le Luxembourg". L’ADR plaide plutôt pour une contribution par habitant qui serait calculée sur la base de celle des pays voisins ou bien de la moyenne des pays de la zone euro.