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Faisant figure de cavalier seul dans le camp socialiste sur la question des OGM, l’eurodéputé Robert Goebbels revendique "sa liberté de pensée"
31-08-2010


Dans un entretien qu’il a accordé au journaliste Fabien Grasser publié dans le Quotidien du 31 août 2010, l’eurodéputé socialiste Robert Goebbels répond au communiqué diffusé par la fraction socialiste de la Chambre des Députés le 27 août dernier. Les députés socialistes y réaffirmaient leur position critique à l’égard des OGM au nom du principe de précaution tout en visant indirectement la polémique suscitée par la lettre ouverte de Robert Goebbels du 26 juillet dernier dans laquelle ce dernier plaidait en faveur du génie génétique.

"Génétiquement divisés", c'est le titre de l'article paru dans l'édition en ligne du QuotidienEn réaction au communiqué du LSAP, Robert Goebbels entend afficher flegme et sang froid, mais il attaque cependant le président de la fraction, Lucien Lux, en jugeant que ce dernier "n’a rien compris à la teneur de ses interventions". "Je voulais lancer le débat au Luxembourg sur les biotechnologies en général et sur les biotechnologies vertes en particulier", explique l’eurodéputé qui regrette que la réaction soit toujours la même, à savoir qu’on l’accuse d’être un lobbyiste. "Je ne suis à la solde de personne" se défend le parlementaire européen qui explique avoir acquis ses "convictions fortes" en visitant "quelques uns des plus grands laboratoires de recherche en OGM au monde".

Ce que regrette Robert Goebbels, c’est que le débat est "totalement manichéen". Et il revient dans cet entretien sur un certain nombre d’arguments qu’il a déjà avancés pour défendre le génie génétique. Jugeant "scandaleux" le fait que des vignes OGM destinées à la recherche aient été arrachées récemment en Alsace par des militants anti-OGM, Robert Goebbels se demande par exemple comment Jeannot Krecké, qui tente de développer la recherche en biotechnologie au Luxembourg, pourra "convaincre de grands laboratoires ou industriels internationaux de venir s'installer au Luxembourg s'ils sont entravés dans leurs recherches".

Et si le journaliste souligne que ses positions "vont parfois à contrecourant de la famille socialiste européenne", l’eurodéputé lui rappelle que lors de la campagne pour les élections européennes, "les socialistes ont avancé la nécessité du progrès scientifique, la liberté de la recherche". "Pour le reste", ajoute-t-il, "je suis un homme politique qui assume ses opinions, je revendique ma liberté de pensée". Et il reconnaît, au vu de ses relations avec son parti, le LSAP, qui s’est nettement démarqué par rapport aux positions de l’eurodéputé sur les OGM, être "un homme politique qui dérange parfois" et qui n’est pas mis pour la première fois "en minorité dans son propre parti". "Je l'assume... et je reste socialiste", conclut Robert Goebbels.