Développement et aide humanitaire
EULUX 2007- un exercice de gestion de crise cofinancé par la Commission européenne
08-06-2007


Eulux 2007EULUX est un exercice européen de gestion de crise de grande envergure qui s’est déroulé du 6 au 9 juin 2007 sur les friches industrielles de Belval. L’exercice qui a rassemblé prés de 400 secouristes et sapeurs – pompiers et d’importants moyens techniques a été organisé par l’Administration des services de secours du Grand Duché de Luxembourg en collaboration avec la Commission européenne et 3 pays européens. C’est en 2005 que le Luxembourg, la Belgique, l’Allemagne et la France avaient décidé d’organiser ensemble un tel exercice de simulation cofinancé à raison de 75 % par la Commission européenne.

Vers 13 h 30 une première explosion détonne dans la centrale turbine gaz Vapeur Twinerg. Cet incident qui est à l’origine d’une fuite de produits radioactifs est le facteur déclencheur de toute une série d’incidents qui s’enchaîneront à différents endroits différents du site des friches industrielles à Belval.

A la même heure, dans la Rockhal, 500 figurants sont installés dans les tribunes et suivent un concert de la formation luxembourgeoise "Stories to tell". Tout à coup, la grande salle de concert est plongée dans la pénombre. Cet incident, qui est une conséquence directe d’une panne d’électricité à la centrale Turbine gaz Vapeur de Belval sème la panique parmi les spectateurs. Peu de temps après, une partie de la tribune s’effondre. Les minutes qui suivent sont dramatiques. Sur le sol près des tribunes, des corps sont allongés sur le sol. Quelques personnes crient au secours. D’autres sont à la recherche d’un proche qui a disparu lors de l’accident. Une partie des spectateurs a su rejoindre le garage souterrain. Plusieurs voitures débarquent simultanément. Un accrochage entre une voiture et un camion citerne entraîne une fuite de substance chimique. En même temps, un bâtiment a l’extérieur de la Rockhal s’effondre et enterre des personnes sous ses décombres…..

Les organisateurs ont eu recours à différents moyens pour renforcer le réalisme de la scène de la catastrophe. A peine entrés dans la Rockhal, les observateurs étaient plongés dans une atmosphère glauque, digne d’un film de catastrophe. Des cris résonnaient de partout, des victimes ensanglantées imploraient de l’aide et des secouristes ont essayé de calmer des victimes traumatisées par l’accident.

Un tel incident majeur avec un enchaînement de catastrophes successives nécessiterait des équipes d’intervention qui dépassent les capacités d’intervention du Luxembourg. Tout pays qui est frappé par une crise de grande envergure peut demander de l’aide internationale à Bruxelles.

Sur le terrain, les autorités locales doivent mettre en place un Osocc. Il s’agit d’un centre de coordination des opérations sur le terrain qui permet de mieux gérer la crise et de coordonner le travail entre les équipes de sauvetage internationales. Ce centre, qui comprend des experts internationaux, établit un contact par liaison électronique avec le centre de suivi et d’information situé à Bruxelles. Celui-ci transmet la demande d’aide internationale à un réseau de points de contact nationaux. Ces derniers, à leur tour, communiquent au centre s’ils sont capables de fournir de l’aide. Le centre d’information qui compile les réponses informe le pays de la disponibilité des secours. Le pays concerné sélectionne ensuite le type d’assistance dont il a besoin.

"Au Luxembourg, cette liaison électronique entre Bruxelles et la protection civile luxembourgeoise n’a pas pu s’établir, faute d’électricité" tient à préciser Carlo Birscheidt. "Cette panne d’électricité et l’absence du 112 sur les lieux de crise, qui a surpris plus d’un observateur international, a été prévu expressément dans le scénario fictif afin de reproduire des conditions réelles incluant les risques liés à l’aléa" ajoute-t-il . C’est donc le scénario catastrophe fictif qui a exclu l’intervention des secouristes luxembourgeois sur le terrain. Leurs capacités d’intervention étaient très réduites parce qu’ils étaient mobilisés dans divers endroits frappés par de fortes intempéries. De plus, certains secouristes étaient bloqués dans un embouteillage sur l’autoroute. D’où un important retard des services de secours sur les lieux de la catastrophe.

Une heure après le déclenchement de l’alerte, les premiers pompiers français du département Moselle arrivent sur place. A l’extérieur du bâtiment, la chaîne de secours s’est organisée progressivement. En moins de dix minutes, les blessés ont été triés en fonction de leurs blessures. A partir de ce moment, le dispositif a été mis en place et les opérations de secours et de sauvetage se déploient. Des équipes spéciales pour les urgences radiologiques dépêchées sur place effectuent des décontaminations. Des chiens acheminés par hélicoptère fouillent les décombres de l’immeuble. Des tentes sont dressées sur l’agora de la Rockhal pour soigner les victimes….

Les équipes qui étaient mobilisées sur place ont préparé cet exercice pendant des semaines.

Le scénario était truffé de difficultés, et le bilan de l’exercice est plutôt mitigé selon plusieurs observateurs internationaux. L’organisation de l’ensemble a bien fonctionné, mais les secouristes de différentes nationalités avaient du mal à se comprendre aux postes de commandement. Même si les différentes unités se sont accordées sur l’emploi de la langue anglaise, "il était difficile d’élaborer un concept qui convienne à tout le monde" analyse Guy Bley, coordinateur de la protection civile luxembourgeoise. Guy Bley souligne l’importance d’un tel exercice de simulation. Car d’après lui "c’est sur ces éléments concrets ancrés dans la réalité que les secouristes de différents pays peuvent vérifier et perfectionner l’efficacité de la coopération internationale sur les lieux des catastrophes".

Le 9 juin 2007, le ministre de l’Intérieur Jean-Marie Halsdorf dressera lors d’une conférence de presse un premier bilan de cet exercice. Un bilan plus détaillé sera adopté après que les témoignages et rapports des différents acteurs qui ont participé à l’exercice auront été entendus, analysés et évalués.